Samantha Karmel

Dans les grandes crises, le coeur se brise ou se bronze. (Balzac)

05 novembre 2007

Samantha Karmel 5/13

- "Où sont les toilettes, s'il vous plaît ?"

 Je sursaute, effrayée par cette brusque interruption. La femme blonde n'est pas la blondasse. C'est une cliente que je n'avais jamais vue, et que je ne reverrai probablement pas après qu'elle soit allée aux toilettes, et qu'elle ait fini son café. Alors je suis bien obligée de reprendre le fil de la réalité. J'attrape un verre, je le lave, et je l'essuie, j'en attrape un deuxième, puis un troisième, et ainsi de suite. Je regarde l'heure, il n'est pas loin de cinq heures moins le quart. Le temps passe vite... Il passe et ne revient pas. Si je fais le bilan de mes trois heures de travail, j'ai derrière moi une petite dizaine de clients satisfaits, un bar propre et bien rangé, et des milliers de pensées. Que m'ont-elles apporté ? A part cette éternelle nostalgie et cette constante amertume ? Ces milliers de pensées, accumulées à des milliers d'autres, n'apaisent pas mon âme, bien au contraire. Il est évident qu'elles ne sont pas difficiles, qu’elles s'accommodent parfaitement d'une tristesse sourde, de regrets, et d'une absence totale de volonté, et c‘est bien triste. Mais peut-être qu'un peu de diversité ne lui ferait pas de mal. Enfin, on fait avec ce qu'on a...

 Ah ! Voilà Eliyah qui revient. Pile à l'heure comme d'habitude ! Ça va me laissait le temps de prendre l'air un petit quart d'heure. Je vais marcher jusqu'au bout de la rue, une clope au bec, et quand celle-ci sera consumée jusqu'au filtre, je ferai demi-tour, et je me rangerai fidèlement aux côtés d'Eliyah. C'est un mécanisme bien huilé, les mouvements ont tant de fois été répétés, sans changement depuis sept ans, qu'ils n'ont plus besoin de directives. Cela peut paraître abrutissant, et c'est vrai que je ne tire aucune gloire de ce que je fais dans ce bar, mais ça fait partie de ma vie. J'ai besoin de toutes ces pressantes habitudes pour pouvoir me rattraper à quelque chose quand je sombre trop profondément dans mes pensées. Ce serait si facile de se laisser entraîner par le courant fabuleux de l'imagination, de s'éloigner toujours plus loin de la rive, de se laisser aller jusqu'où l'on ne peut revenir. Mais non, je n'ai jamais souhaité la mort. Je sais qu'elle viendra, je ne suis pas pressée. Le désespoir ne m'a jamais fait envisager de mettre fin à mes jours, ni à mes tourments. Je n'aime pas ne pas savoir ce qu'il y a dans l'au-delà. Est-ce que c'est pire que sur terre ? Est-ce que c'est mieux ? Dans le doute, je préfère rester où je suis. J'ai appris à vivre avec mon supplice, je me suis attachée à ce bourreau qui est resté auprès de moi depuis le début, qui me flagelle d‘une main et me cajole de l‘autre. Est-ce de son plein gré qu'il s'est montré aussi fidèle, ou est-ce que je l'ai retenu par la force ? Je ne sais pas. Je ne crois pas être assez névrosée pour entretenir volontairement ma douleur. C'est impénétrable, c'est obscur, mais c'est surtout inconscient.

Posté par rolypoly à 13:38 - Samantha Karmel - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

Déçu...

Un chouïa déçu, en effet: ça n'a pas rebondi. Et on continue dans les états d'âme de Samantha. Pour introduire une histoire, pourquoi ne pas tresser la genèse de son largage par Mattheuw à ses états d'âme, un objet ou un événement renvoyant à un épisode de son histoire d'amour bâclée? D'autant plus que plus haut, vous écrivez que tout la renvoie à son drame.

Posté par Daniel Fattore, 07 novembre 2007 à 14:13

orthographe...

...puisque c'est la seule chose que je vais me permettre de critiquer.
Dans le deuxième paragraphe, il me semble que c'est plutôt "ça va me laisser".
Pour les 3 points dans la première partie, je les trouvais bien(là c'est peut-être moi qui fait des fautes, j'ai un gros doute sur l'accord!), jusqu'à la lecture du commentaire, ou effectivement, un seul point trancherait la chose, serait plus affirmatif, plutôt que de laisser un doute.
En même temps, on ne connais pas le personnage plus que ça à la fin, son caractère d'avant.
Je ne sais pas comment exprimer mon ressentiment, j'ai du mal à trouver les mots, mais pour conclure, à la première lecture, un seul point aurait tranché la chose, "elle n'était VRAIMENT pas sauvage". Mais en arrivant à la fin, on en est pas vraiment convaicu, donc les trois points laisse une place à l'imagination du lecteur, plus large et sur plusieurs portes, pas seulement sur le fait qu'elle ait eu juste eu une vie sociale avant, on se demande vraiment ce qu'elle faisait!
Ou d'un autre point de vue, ces trois point font ressentir la lassitude de son discour, son regret plus qu'une affirmation.
Comme vous pouvez le constater, j'ai des avis relativement variables!, et différents, je suis même presque en désaccord avec moi même des fois, c'est pour ça que je ne permettrai pas de juger ni sur le fond, ni sur la forme.
Tout ce que je peux dire, c'est que cette "nouvelle" m'aura fait passer une bonne heure, et que j'aurai aimé soit qu'elle soit plus longue, soit en avoir une deuxième sous la main!
Alors si votre passion est vraiment l'écriture, ne vous laissait pas abattre par certains commentateurs, qui en littérature comme dans d'autres domaines (le mien c'est plus le rallye automobile! c'est pour vous dire.)ne savent que "descendre" et être méchant.

Si vous vous étiez présentée chez un éditeur ou auprès d'un auteur et qu'il vous juge comme ça, c'est normal, ils ont un regard professionel et vous attendriez ça d'eux (même si on est toujours déçu lorsque ces commentaires sont négatifs),
mais ne vous arrêter pas à ces commentaires là, et je serais enchanté de lire votre prochain réçit!
De plus avant d'être des oeuvres "visuelles", de plus en plus d'artistes se révèlent sur la toile avant de trouver un support visuel (plus sur la musique à ma connaissance, mais ça peu marcher avec des livres je pense!).
Enfin bref, je vous laisse parce que je suis quand même à mon travail là! (mais j'ai pu lire car je tiens un bureau de vote aujourd'hui!).
Pour conclure continuez!
C'est vrai que votre style et le déroulement demandent à être améliorés, mais c'est déjà franchement pas mal pour le début!
Explication pour le pseudo, je suis le mari de "Papillon"!
RDV pour commenter votre prochain réçit j'espère.
Cordialement.

Posté par papillon mâle, 08 novembre 2007 à 15:15

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